Jeudi 29 Octobre à 19h 30
Le marteau et la plume
Création 2026 - Première ! Sortie de résidence au Salon de Musique
Le marteau fait résonner cloches et tympanon. La plume fait ployer la corde du psaltérion, de la guiterne et du canon. C’est avec les marteaux que Pythagore découvre les lois de l’harmonie sonore ; ils sont l’image de la création divine. C’est avec la plume que se transmet ce savoir et que viennent s’inscrire musique et poésie sur le parchemin ; elle est l’image même de la Muse, l’outil de la mémoire et de la création humaine. Le marteau et la plume, par une impression et un contact avec une surface, un corps, expriment ainsi l’idée de la musique dans sa dimension gestuelle, sonore, sensible, symbolique et historique. L’assonance avec une célèbre émission radio de critique artistique vient enfin placer Le marteau et la plume dans le cadre du travail de recherche doctoral porté par Baptiste Chopin (CNSMD Lyon / université Lyon 2), et dont ce projet est l’aboutissement.
Dans cette dynamique, Le marteau et la plume propose au public d’entendre un instrumentarium médiéval qui interroge notre sens actuel du beau son. Les longues résonances du psaltérion, le nazardement des harpions, l’inharmonicité des cloches, les impulsions de la guimbarde, les bourdons et les clés de la chifonie sont autant de sonorités à croiser, apprivoiser et mettre en lien avec le répertoire. Celui-ci sera centré sur les musiques du XIVe et début XVe siècle, traversant l’Italie, la France et l’Angleterre : Francesco Landini, Lorenzo da Firenze, Gherardello da Firenze, Guillaume de Machaut, Guillaume Dufay, John Aleyn, ainsi que quelques laudes et estampies anonymes.
Musicien-nes :
Baptiste Chopin : psaltérion, canon, clavisimbalum
Massimiliano Dragoni : percussions, tympanon
Colin Heller : vièle, guiterne, chifonie, guimbarde
Leah Stuttard : harpe, cloches, cimbales
A définir : chant
Bios
Baptiste Chopin
Baptiste Chopin est musicien, chercheur et enseignant. Spécialisé depuis une quinzaine d’années dans les musiques médiévales, il explore un domaine encore méconnu de l’instrumentarium ancien : le psaltérion à cordes pincées et ses dérivés (canon, clavisimbalum), ainsi que le qanun méditerranéen. Formé en musique et musicologie à Saint-Étienne, Genève et Montpellier, il termine actuellement une thèse consacrée à ces instruments, menée en lien avec l’université et le CNSMD de Lyon.
Interprète, il est le fondateur de l’ensemble Ballata et collabore avec diverses formations, notamment Ars Sonic dirigé par Olivier Féraud. Ensemble, ils développent une recherche artistique nourrie d’expérimentation, autour des sonorités et des potentialités des instruments médiévaux. Ses travaux ont fait l’objet de nombreuses communications académiques. Il a codirigé également un projet de recherche sur les usages pédagogiques d’un monocorde revisité, appliqués à l’apprentissage des systèmes d’accord médiévaux.
Il enseigne la formation musicale, l’analyse et l’histoire de la musique au conservatoire d’Annecy et travaille au département Recherche du CNSMD de Lyon.
Massimiliano Dragoni
Percussionniste et poly-instrumentiste, il est docteur en philosophie et spécialiste en musique ancienne ainsi que dans les traditions orales européennes. Formé notamment à l’Université de Pérouse, au Conservatoire de Pesaro et à la Haute École de Musique de Genève, il poursuit également un doctorat en musicologie à l’Université de Tours.
Depuis 1996, il mène une carrière internationale, se produisant avec de nombreux ensembles tels qu’Anonima Frottolisti (dont il est codirecteur artistique), Micrologus, Concerto Romano ou encore Cappella della Pietà dei Turchini. Il assure aussi la direction artistique de festivals comme Musica dalla Torre et DeMusicAssisi.
Pédagogue reconnu, il enseigne et collabore avec diverses institutions en Europe, dont les universités de Genève et de Pérouse. Cofondateur de l’Accademia Resonars et codirecteur de l’Orchestre multiethnique d’Arezzo, il a enregistré pour de nombreux labels et médias, et signé plusieurs publications consacrées à la musique et aux traditions culturelles.
Colin Heller
Colin Heller débute la musique à cinq ans à travers les traditions du Dauphiné. Formé au violon, au piano et à l’orgue, il obtient en 2023 un master de violon baroque au CNSMD de Lyon auprès d’Odile Édouard, puis un master d’improvisation à la Schola Cantorum Basiliensis en 2025. À Bâle, il se spécialise aussi en musique médiévale avec Baptiste Romain et Marc Lewon.
Autodidacte dès neuf ans, il explore de nombreux instruments (mandolines, hardingfele, guiterne, citole, viole d’amour, violon baryton, vièle à archet), développant un profil de multi-instrumentiste. Spécialiste reconnu de la nyckelharpa, il est le premier musicien français à jouer de la kontrabasharpa et de la silverbasharpa.
Lauréat de la Fondation Royaumont, il intègre le réseau Medinea et participe à l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée sous la direction de chefs tels que François-Xavier Roth ou Gianandrea Noseda. Curieux et éclectique, il collabore avec de nombreux ensembles et artistes issus des musiques anciennes, traditionnelles et contemporaines.
Leah Stuttard
Leah Stuttard est originaire d'une ville industrielle du nord-ouest de l'Angleterre. Elle est tombée amoureuse de la musique médiévale en écoutant des vieux vinyles rayés de David Munrow et joue de la harpe médiévale depuis 30 ans, tout en chantant depuis toujours.
Après avoir obtenu une bourse pour étudier à la Schola Cantorum Basiliensis en Suisse, elle a travaillé avec de nombreux grands noms à travers le monde, notamment Jordi Savall, Micrologus et l'Ensemble Unicorn. Elle a également eu le privilège de travailler sur des projets fantastiques avec Vivien Ellis (Royaume-Uni, Sinfonye, Dufay Collective), John Potter (Royaume-Uni, Hilliard Ensemble), Agnethe Christensen (Suède/Danemark, Sequentia) et Bruno Bonhoure (France, La Camera delle Lacrime).
En 2024, elle a soutenu sa thèse de doctorat intitulée « Une histoire de l'improvisation dans le renouveau de la musique médiévale ».